PRIX JEAN RIVET : RESILIENCE

COMMENTAIRE DU RECUEIL

Ce recueil a reçu le grand prix du recueil, prix Jean RIVET de la Baie en Poésie.

 

Pour l'auteur, ce que je vais dire n'est peut-être pas exactement ce qu'il a voulu dire, c'est ma vision, sachant que chaque lecteur n'est qu'un miroir déformant de ce qu'a écrit le poète, la poésie étant un langage ouvert, sujet à de multiples interprétations.

L'auteur après avoir froler la mort, tente de renaitre et de revivre, comment ? D'abord par la nature, les arbres, les étoiles pour retrouver des sensations et un amour, même si c'est encore d'une manière idéalisée.

Après avoir cherché les éclats de la nuit avec la musique pour seul miroir, quand le silence au cœur les masques se dévisagent, l'auteur fait des ricochets avec ses rêves au milieu du jardin de la lune. Alors quelle est cette résilience ? Quels sont ces tuteurs de résilience ?

La nature d'abord comme je l'ai dit précédemment, qui nous environne et nous fait respirer à nouveau, et l'amour aussi qui permet de se tourner vers l'horizon, la naissance d'une mémoire nouvelle et d'un regard prêt au merveilleux, et finalement les mots, la musique, les sens, l'être au monde, grâce à cette matière essentielle qu'on appelle poésie.

Oui, la poésie peut sauver, non pas le monde, mais l'individu.

 

Eric JACQUELIN

Président de la Baie en Poésie

 

EXTRAIT :

Arc-en-ciel

comme du miel

caresse la mer

le sable et le soleil

 

Pénètre les ténèbres

féconde la terre

embrase les dunes

 

Arc-en-ciel

Ecouter le vent

des fleurs dans les yeux

 

Respirer

pour l’écorce rugueuse

et pour l’arbre si proche

pour ses racines dans les étoiles

 

Sa sève coule en moi

 

PRIX JEAN RIVET : RESILIENCE

HEURES PRECAIRES

Pierre Boullé

 

 

La prose poétique de Pierre Boullé est traversée d'une nostalgie lumineuse et d'odeurs enfantines.

La nature y est omniprésente, une nature qui guérit des maux contemporains, après les flocons de neige « à peine fanés », les eaux alanguies, les brouillards assoupis et « les ciels qui semblent en prière ». Alors la douceur suave du marais, nous enveloppe et nous emporte sur cette prose fluide, dans une barque de mots qui dérive au gré de paysages initiatiques.

Au milieu des champs et des insectes, « assuré de l'éternité de l'herbe », l'auteur regrette la variété botanique qui ensoleillait les prés salés, maintenant brûlés par l'obscurantisme chimique : « adieu donc trèfles, fétuques, phléoles... ».

Verlaine n'est pas loin dont le fantôme erre autour de Tombelaine comme autour d'un poème.

Les « heures précaires » sont-elles les nôtres, entre deux temps, deux modes de vie, deux civilisations, suspendus entre la rêverie que nous autorisait la nature et l’excitation que nous impose les grandes villes.

 

Eric Jacquelin

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